L’éclairage des deux tableaux étant identique, je me suis amusé, à l’aide du logiciel Photoshop, à superposer les visages de la Joconde et la Belle Ferronnière. Il suffit de recadrer le premier tableau, de modifier l’opacité du second et de procéder à quelques légères retouches, pour s’apercevoir d’une concordance quasi parfaite, et obtenir le visage d’une nouvelle jeune femme qui exprime, de façon évidente, la quintessence de l’une et de l’autre. Résultat troublant qui atteste du caractère obsessionnel de Léonard, et d’une démarche qui, au-delà du modèle, viserait à représenter l’idéal féminin.
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Date de création : 07/01/08 / Dernière mise à jour : 20/06/08 16:46 / 32 articles publiés
LISA & LUCREZIA suite posté le lundi 04 février 2008 17:10
Tête de mort posté le mercredi 23 janvier 2008 17:43
La
« préciosité » d’une
œuvre d’art ne se mesure heureusement pas à
celle de son acquéreur, mais lui est plus
généralement inversement proportionnelle. Les gens
aiment ce qui est rare, mais surtout que ce qui l’est leur
appartienne. La rareté est une forme de fragilité, de
précarité. Si une chose rare disparaît, elle
emporte son secret dans la tombe. L’ennui, et je dirais
même l’ennui profond, c’est que la rareté,
comme le reste, est devenue une affaire de prix. C’est sans
doute ce qu’entend dénoncer l’artiste
britannique Damien Hirst, en proposant à la sagacité
du public le moulage en platine d’un crâne humain du
dix-huitième siècle, entièrement recouvert de
milliers de diamants. La chose aurait d’ailleurs
été plus intéressante avec un crâne
d’homme de Neandertal, beaucoup plus rare qu’un
crâne du dix-huitième. Un vrai crâne, de
surcroît, parce que s’il est toujours possible de
fabriquer des répliques en quantité, et pourquoi pas
en platine si on a les moyens et si on y voit un quelconque
intérêt, les chances de tomber sur un original sont
extrêmement faibles. Chose qui vaut aussi pour le
« décor » extérieur : si
on a vingt millions de dollars en poche, et rien de mieux à
faire que d’aligner huit ou neuf mille diamants sur un
crâne en platine, c’est d’une part que les
pierres en question ne sont pas aussi rares que ça, et
d’autre part qu’il s’agit d’un excellent
moyen d’en justifier l’accumulation par une pseudo
démarche artistique. L’artiste, dans un souci
d’éthique - à défaut
d’esthétique - qui l’honore, a tenu à
n’utiliser que des cailloux
« propres », c’est-à-dire issus
de marchés légaux qui n’ont aucune part dans le
financement des conflits qui ravagent en partie le continent
africain. Naturellement, il ne se soucie aucunement de savoir si
l’acheteur, prêt à débourser la modique
somme de cent millions de dollars, n’est pas un trafiquant de
drogue, un marchand d’armes ou un milliardaire qui alimente
en secret les caisses du terrorisme. Bref, en dehors du poncif qui
associe l’argent à la décadence et la mort,
cette « vanité » n’est
qu’un épouvantail creux et clinquant. Cette
démarche pitoyable, hymne à la démagogie et
l’appât du gain, me fait penser à une
publicité que j’ai vue récemment à la
télévision : un jeune couple entre dans une
galerie d’art contemporain, et à la personne qui les
interroge sur leur motivation, ils répondent qu’ils
sont venus dans l’idée de faire un bon placement.
L’autre, caricature parfaite autant que surfaite – et
tout cas je l’espère - du galeriste prétentieux
et maniéré, leur propose une
« sculpture » aux affreuses couleurs pastels
verte et rose, pourvues de tentacules qui s’agitent mollement
comme sous l’effet d’une brise légère.
Alors que le gentil petit couple affiche une mine pour le moins
dubitative, la stupide Cerise, blondasse mascotte publicitaire
d’un organisme financier que je ne citerai pas, émerge
de l’intérieur de ladite sculpture et leur propose une
solution autrement plus sûre et avantageuse. Satisfaits, les
jeunes gens repartent sous l’œil fumasse du galeriste
déconfit. Autrement dit, en achetant très cher le
crâne de Damien Hirst (qui n’est même pas le
sien, d’ailleurs ; il aurait au moins pu attendre
d’être mort pour la faire réaliser par ses
assistants), on est certain de ne pas tout perdre ; alors que
si on paye une fortune une malheureuse huile sur toile, ce
n’est pas en grattant la peinture qui est dessus qu’on
risque de rentrer dans ses frais.
Moralité :
si vous êtes amateur d’art contemporain, il vaut mieux
payer un artiste pour tapisser de Rolex les murs de votre salon que
d’acheter une toile dont vous ne tirerez pas un centime en
cas de coup dur.
Tête de mort, suite posté le mercredi 23 janvier 2008 17:40
Cela dit, que ressent-on
exactement à la vue du crâne de Hirst ? On voit
d’abord un crâne, souriant et grimaçant comme
n’importe quel crâne. Pour un être humain, la vue
d’un crâne suscite toujours un sentiment
étrange. Le crâne est cette chose inerte qui se trouve
sous la chair, et si aucun visage ne se ressemble, à priori
un crâne est un crâne. Le crâne est une chose
commune à l’humanité toute entière, qui
nie les différences, nargue les prétentions
individuelles, les vanités de l’ego. On ressent donc
devant le crâne de Hirst ce qu’on ressent devant tous
les autres crânes. Il représente la mort, une mort
souriante au regard vide, aux dents apparentes qui trahissent une
voracité insatiable. Ensuite, on se rend compte que ce
crâne a fait l’objet d’une attention
particulière, tel un objet de culte. Sa surface a
été entièrement recouverte, comme pour
dissimuler sa vraie nature, le transformer en quelque chose
d’autre qu’un simple vestige d’humanité.
On peut y voir la résurgence de pratiques ancestrales,
rituelles, d’un hommage rendu au défunt, comme si on
avait décidé de recouvrir de diamants le crâne
d’une personnalité riche et puissante, afin que sa
gloire terrestre perdure dans l’au-delà. Un
crâne entièrement tapissé de peau de serpent,
par exemple, ou recouvert d’inscriptions symboliques,
produirait un effet similaire. Il apparaît clairement, en
tout cas, que la chose n’a rien à voir avec une
œuvre d’art. Il s’agit d’un objet de culte,
et en l’occurrence, plus que celui de la mort, celui de
l’argent. Le crâne stigmatise le fait que
l’argent est devenu un objet de culte, morbide parce que ceux
qui le désirent vraiment ne reculent devant rien pour
l’obtenir, et religieux parce qu’il a ses adorateurs
qui le vénèrent comme un dieu, une entité
virtuelle représentée par des indices
ésotériques, des symboles hermétiques.
Autrement dit, si l’objet n’a à proprement
parler aucune valeur, contrairement à ce que son auteur
s’efforce de prétendre à grands frais, il
n’est pas entièrement dépourvu de
signification.
PEINTURE posté le mercredi 16 janvier 2008 16:14
Lucas Mendes posté le mercredi 16 janvier 2008 11:59
Grand moment de
télévision hier soir, sur le plateau de Canal +:
Philippe Lucas, look militaire d'entraineur guerrier
surmédiatisé, en train de lorgner plus ou moins
discrètement dans le décolleté Calvin Klein de
la star de pacotille Eva Mendes, lequel décolleté
descendait généreusement jusqu'au nombril et rendait
pratiquement impossible toute tentative de se concentrer sur quoi
que ce soit d'autre, à moins bien sûr de
souffrir de cécité. Stratégie de la
production? Possible, car c'est plutôt marée basse
dans le crâne de la jolie Cubaine, au demeurant bien brave.
Et en parlant de marée, et même si ça sent
fortement la morue, on ne peut toujours pas dire que le niveau
monte dangereusement dans le "Grand journal" de Denisot, clone
vaguement branchouille du gentil Michel Drucker.











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