Accueil Date de création : 07/01/08 / Dernière mise à jour : 20/06/08 16:46 / 32 articles publiés

BEVERLLY HELL suite  posté le mardi 20 mai 2008 15:58

2

 

    Lionel et Howard, dans la voiture d’Howard, en route pour la partie de pêche.

 

-           Alors, mon petit Lionel, content de venir à la pêche avec beau-papa ?

-           C’est vrai, vous voulez bien ?

-           Je veux bien quoi ?

-           Qu’on se marie, Lisa et moi…

-           Tu l’aimes, non ?

-           Oui, bien sûr !

-           Et elle t’aime aussi, pas vrai ?

-           Ben oui, je crois…

-           Tu n’en es pas sûr ?

-           Si, bien sûr !

-           Dans ce cas je ne vois pas pourquoi je m’opposerais à votre mariage. La seule chose qui compte pour moi, c’est le bonheur de ma fille. Et pour toi, qu’est-ce qui compte le plus ?

-           Ben, comme vous, m’sieur : le bonheur de Lisa…

-           Donc on est sur la même longueur d’onde ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je t’ai proposé de venir à la pêche avec moi…

-           C’est vrai ?

-           Bien sûr, qu’est-ce que tu crois ? Normalement j’emmène jamais personne à la pêche. J’aime bien être seul, ça me permet de me vider la tête, me nettoyer l’esprit de toutes les saloperies de la vie quotidienne. Alors si je propose à quelqu’un de venir avec moi, c’est vraiment que j’ai des affinités avec cette personne… Tu vois ce que je veux dire ?

-           Euh… oui, je crois…

-           En clair, ça veut dire que j’aime bien cette personne, et que j’ai envie de partager avec elle un moment privilégié…

-           C’est très gentil à vous, je…

-           Tu quoi ?

-           Ben, je ne savais pas que vous aviez autant d’estime pour moi…

-           Oui, je sais… C’est que, tu vois, la vie n’a pas toujours été facile pour moi… alors forcément, j’ai toujours eu un peu de mal pour exprimer mes sentiments…

-           Oui, je comprends…

-           Je sais, c’est con, mais ça a toujours été plus facile pour moi de taper sur quelqu’un à coups de marteau que de le prendre dans mes bras pour le réconforter… Tu sais mon père me cognait et ma mère faisait le tapin… C’est la vérité, je dis pas ça pour faire chialer dans les chaumières ! il restait toute la sainte journée à picoler devant la télé pendant qu’elle allait faire des passes pour payer le loyer ! Je suis né par accident, et mon père me rappelait tous les soirs à coups de ceinturon que j’étais une erreur… Chienne de vie, mon petit Lionel, chienne de vie ! Alors j’en sais rien, mais c’est peut-être pour ça que j’ai toujours voulu le meilleur pour ma fille. J’aurais préféré me faire couper la main plutôt que de la lever sur sa mère ou sur elle ! Mais je t’emmerde avec mes histoires, pas vrai ?

-           Non, pas du tout…

-           T’es un brave garçon, mon petit Lionel…

-           Ben… je fais ce que je peux l’être, en tout cas…

-           Tu sais quoi ?

-           Non, quoi ?

-           Je vais te dire un truc que j’ai jamais dit à personne…

-           Vous croyez ?

-           Oui, je sais que je peux te faire confiance… C’est au sujet de mon père…

-           Un secret de famille, en quelque sorte…

-           Te marre pas, Lionel, c’est sérieux !

-           Excusez-moi, m’sieur…

-           Je te l’ai dit, mon père était vraiment un enfoiré ! Un jour je l’ai retrouvé dans le garage, en rentrant de l’école… Il avait salement dérouillé : fracture du crâne, contusions multiples, du sang partout ! Ça n’aurait pas été pire si une division de panzers lui était passée sur le corps ! Les flics ont fait une vague enquête, l’affaire a été classée… On n’allait pas sortir le grand jeu pour un cafard écrasé ! Eh ben tu sais quoi ?

-           Non, je sais pas, m’sieur…

-           C’est moi qui l’ai tué, mon petit Lionel, de mes propres mains ! J’avais tout juste 11 ans et je l’ai massacré à coups de marteau ! Et tu sais pourquoi j’ai fait ça ?

-           Parce qu’il vous maltraitait, votre mère et vous…

-           Oui, et aussi parce qu’il m’obligeait à faire des trucs tellement dégueulasses que je préfère même pas t’en parler ! Ce porc abusait de moi, si tu veux tout savoir, et c’est pour ça que je l’ai tué ! Tu penses que j’ai eu tort ?

-           C’est pas à moi de juger, m’sieur Cotton… D’ailleurs je vois pas pourquoi vous me racontez tout ça…

-           Tu voudrais quand même pas que je cache des choses à mon futur gendre…

-           Non, bien sûr…

      -     Si je t’en parle c’est que j’ai confiance en toi, mon petit Lionel…

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BEVERLLY HELL suite  posté le mardi 20 mai 2008 15:57

3

 

       Lionel et Howard sont sur la berge en train de pêcher.

 

-           Alors, on n’est pas bien, là, tous les deux ?

-           Si, m’sieur, super bien !

-           Rien de tel que la vie au grand air ! Et appelle-moi Howard, s’il te plait…

-          D’accord, Howard…

-           Quand on pêche ensemble on s’appelle par son prénom! Tu vois, ce qu’on est en train de vivre c’est un moment d’intimité, et ça c’est vachement important ! La pêche montre l’homme tel qu’il est, dans sa vérité nue ! Ta tête se vide peu à peu, tu ne fais plus qu’un avec la canne à pêche, tu DEVIENS la canne à pêche, le fil, le bouchon, les plombs, et même l’asticot qui se balance au bout de l’hameçon. Là, en ce moment, tu crois que tu es assis au bord de l’eau, pas vrai ?

-           Ben… oui… Pourquoi, c’est pas le cas ?

-           Eh ben non, mon petit père ! Tu n’es pas assis au bord de l’eau mais au bord de toi-même, et cette rivière qui passe ce sont toutes tes pensées qui s’en vont vers la mer, rejoindre le grand océan aussi profond que l’univers et peuplé de créatures fantastiques !

-           C’est beau, ce que vous dites…

-           Merci, mais je le pense sincèrement, tu sais…

-           J’en doute pas, m’sieur… Howard… Sinon, à part, vous êtes sûr qu’il y a des truites, ici ?

-           Tu crois que je t’aurais emmené ici s’il y avait pas de truites ?

-           Non, bien sûr…

-           Bon, alors ! Fais-moi un peu confiance, mon petit Lionel ! Patience et Humilité sont les mamelles de la pêche ! Dis donc, Lionel…

-           Oui, Howard ?

-           Il y a quand même un truc qui me chiffonne… C’est pas grand-chose, mais enfin je crois quand même qu’il faudrait qu’on en parle…

-           Quoi ?… Les truites ?

-           Non, pas les truites, Lionel ! on s’en fout des truites ! les truites elles ont leur petite vie tranquille au fond de la rivière et elles demandent rien à personne ! Alors te dire si elles vont mordre ou pas, ça j’en sais rien, mon petit Lionel, je suis pas Nostradamus ! Par contre il y a un truc que je sais, enfin… que je crois savoir, en tout cas, et c’est de ça que je voudrais bien qu’on parle un peu tous les deux…

-           De quoi s’agit-il, Mr Cotton ?

-           Première question, mon petit Lionel : est-ce que moi, Howard Cotton, tu me prendrais pas un peu pour un con ?

-           Moi ?! Je me permettrais jamais de faire une chose pareille, Mr Cotton !

-           Tu veux toujours épouser ma fille, on est bien d’accord ?

-           Bien sûr, plus que jamais !

-           Dans ce cas est-ce que tu peux m’expliquer ce que tu fricotes avec cette salope de Milda Donnette ?

-           Milda ? … Vous voulez dire Milda, la meilleure amie de Lisa…

-           Oui, c’est ça, Milda Donnette ! Est-ce que tu crois vraiment que je vais donner ma fille unique à un enfoiré qui couche avec Milda Donnette ?!!!!!

-          Mais enfin, Howard, j’ai jamais couché avec Milda Donnette ! Je dis pas que j’en ai pas eu l’occasion une fois ou deux, mais je l’ai jamais fait ! Parole d’homme, Mr Cotton !

-           Tu le jures sur la tête de Lisa?

-           Je le jure, Mr Cotton, sur la tête de mes deux parents !

-           Je croyais qu’ils étaient morts…

-           Oui, ils sont morts, mais ça n’empêche pas de jurer !

-           Je crois que tu vas pas tarder à les rejoindre…

-           Comment ? Qu’est-ce que vous dites, Mr Cotton ?

-           Rien, rien… Je vais te montrer quelque chose, mon petit Lionel… (Il sort des photos de sa poche.) Alors, qu’est-ce que tu dis de ça ?

-           Qu’est-ce que c’est que ça? On dirait…

-           On dirait, on dirait… Tu le vois très bien, ce que c’est, face de pet ! Des photos de toi et Milda Donnette en train de vous envoyer en l’air !

-           Vous êtes sûr ?

-           Ahhh !!! Lionel ! Lionel ! Tu me déçois beaucoup, tu sais… Moi qui pensait qu’on allait devenir amis et pêcher la truite ensemble… Et au lieu de ça, ben… je vais être obligé de te buter, mon petit Lionel !

-           Mr Cotton ! Howard ! Attendez! Laissez-moi au moins m’expliquer! 

-           Expliquer quoi, mon petit Lionel ? que tu couches avec la meilleure amie de ta future femme ? Non, c’est moche, c’est vraiment très moche !

-           C’était juste une fois en passant, Mr Cotton ! Merde, personne n’est parfait !  C’est Milda qui n’arrêtait pas de me faire du plat ! Et puis un jour, à force, ben voilà, c’est arrivé ! C’est difficile de résister à une fille comme Milda, Mr Cotton…

-           Ecoute, Lionel, c’est moi qui ai demandé à Milda de te faire du rentre-dedans ! Je voulais savoir si t’étais un type sérieux ou juste un petit con comme les autres… Je t’aurais laissé épouser Lisa si t’avais résisté à Milda… C’était l’examen de passage, mon petit Lionel, et je suis désolé de te dire que tu t’es lamentablement planté !

-           Vous êtes dur, Mr Cotton ! Laissez-moi une chance de me refaire !

-           Trop tard, Lionel, trop tard !

-           Mon dieu, Mr Cotton, qu’est-ce que c’est que ça ?!

-           Ben… on dirait que ça ressemble à un marteau…

-           Non, Howard, non, je vous en supplie ! Ne faites pas ça !

-           Adieu, Lionel !

Il lui fracasse la tête à coups de marteau.

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BEVERLLY HELL suite & fin  posté le mardi 20 mai 2008 15:55

 

4

 

    Howard rend visite à sa fille pour lui annoncer l’heureuse nouvelle.

 

-           Alors papa, cette partie de pêche ?

-           Plutôt sympathique…

-           Et Lionel ?

-           Il est mort, comme prévu…

-           Merci, papa…

-           Je t’en prie, ma chérie, c’est le rôle d’un père de prendre soin de son bébé d’amour !

-           Il a beaucoup souffert ?

-           Juste le nécessaire, histoire de lui faire comprendre qu’on ne peut pas se conduire n’importe comment avec les gens !

-           Tu crois qu’il a compris ?

-           On ne le saura malheureusement jamais puisqu’il est mort !

-           Le pauvre !

-           Il n’a eu que ce qu’il méritait, chérie !

-           Oui, je sais, mais c’est déjà le quatrième ! Quand est-ce que je vais enfin trouver le bon, papa ?

-           Patience, ma chérie, patience.

-           Mais j’ai bientôt trente ans, et il serait grand temps pour moi d’avoir des enfants…

-           Ne t’inquiète pas, ma chérie, on finira bien par mettre la main dessus ! Bon, je te laisse, j’ai rendez-vous avec Milda.

-           Embrasse-la pour moi !

-           C’est promis ! A bientôt, ma chérie !

-           Au revoir, papa…

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Mon proverbe du jour  posté le lundi 05 mai 2008 13:13

A force de chier sans tirer la chasse on finit par se noyer dans la merde.

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ZOMBITE  posté le jeudi 01 mai 2008 11:02

Je n’avais jamais fait l’amour avec des jumelles et ça risquait fort d’être assez inoubliable. Tous les hommes rêvent de faire ça avec plusieurs filles en même temps, de s’abandonner entre les mains expertes d’un essaim de créatures voraces. Nager dans un océan de bouches, de seins, de chattes, tel un enfant émerveillé au milieu d’une montagne de jouets. Avec des jumelles, clones parfaits d’une même poupée de chair, la chose prend un tour plus singulier. Vous avez l’impression de voir double, l’ivresse vous gagne. En plus, la notion de duplicata fait directement référence à la reproduction de l’espèce. Dame Nature, cette salope, pousse les gens à baiser pour qu’ils n’aillent surtout pas oublier de se reproduire, ces cons ! Elle a fait de nous, les hommes, des obsédés prêts à vider leur chargeur sur tout ce qui bouge, des malades qui trimbalent dans leur slip une bombe équipée d’un dispositif de mise à feu ultra-sensible. Les femmes se pointent en tortillant du cul et mènent la danse, se donnent et se reprennent au gré de leurs ovaires et leurs hormones, leurs humeurs. Pendant ce temps, nous, les pauvres types, les dindons de la farce, on tourne en bourrique, on se paluche jusqu’au sang mais rien n’y fait. Dès qu’une cible pointe le bout de ses nichons on se transforme automatiquement en prédateur assoiffé de sexe, en vampire de l’amour, prêt à toutes les saloperies pour assouvir ses fantasmes. Ces fantasmes, la Nature les fabrique pour nous tenir plus fermement par les couilles, nous réduire en esclavage, nous attacher par la bite au radiateur du désir. Le plaisir sexuel est une drogue qui œuvre pour la même cause. Les types deviennent cinglés, errent dans la nuit comme des zombites avec des têtes de gland. Ils plongent dans le premier trou qui se présente, rêvent de se perdre à jamais dans un puits sans fond. Le sexe est un fantasme, l’amour un plan foireux goupillé par le plus Grand Escroc de l’Univers. Personne ne l’a jamais vu, nul ne connaît son visage. Cet enfoiré reste caché pour entretenir le mystère et ça marche du feu de Dieu ! Tout le monde parle de lui, le cuisine à toutes les sauces, mais lui ne se mouille pas. Tranquillement installé dans son fauteuil de cuir blanc, il mate le cirque terrestre sur ses écrans de contrôle, se marre en nous voyant crever la bouche ouverte les uns après les autres, la tête farcie d’espoir débile et d’idées à la con. Il est le Plus Grand Salopard de l’univers et il s’est offert un jouet à la mesure de son cerveau diabolique, une belle petite planète bleue qu’il fait tourner et sauter dans sa main comme une agate de cour de récréation. Et le jour où il en aura sa claque de voir nos têtes de nœud, il donnera un bon coup de pied dans la fourmilière et s’en ira faire chier le monde dans une autre galaxie. Il n’a qu’un mot à dire, un coup de téléphone à donner, et s’en est fini de nos misérables petites vies. Sa Rolls blanche l’attend déjà dans le parc de son château intersidéral en marbre rose, et son chauffeur n’est autre que le Diable en personne. Plus qu’un chauffeur, d’ailleurs. Un homme de confiance, un bras droit qui n’hésite pas à faire le sale boulot et sait fermer sa gueule. Vu l’énormité de son salaire, il endosse volontiers les oripeaux de l’horreur et la désolation. Si ça peut rendre service. Il joue dans la cour des grands et s’en tamponne de ne pas être en odeur de sainteté. Il chie du caviar, se torche le cul avec du saumon fumé et baise avec la Mort dans un lit à baldaquin en or massif. La Mort, la Grande Putain du Ciel ! On dit « la » Mort comme on dit « la » Callas ou « la » Tebaldi ! La Mort, la grande diva du crime qui tranche les têtes à coups de faux et les plante sur des piques pour en faire des bouquets... Cette bonne vieille Mort…

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