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Lionel et Howard, dans la voiture d’Howard, en route pour la partie de pêche.
- Alors, mon petit Lionel, content de venir à la pêche avec beau-papa ?
- C’est vrai, vous voulez bien ?
- Je veux bien quoi ?
- Qu’on se marie, Lisa et moi…
- Tu l’aimes, non ?
- Oui, bien sûr !
- Et elle t’aime aussi, pas vrai ?
- Ben oui, je crois…
- Tu n’en es pas sûr ?
- Si, bien sûr !
- Dans ce cas je ne vois pas pourquoi je m’opposerais à votre mariage. La seule chose qui compte pour moi, c’est le bonheur de ma fille. Et pour toi, qu’est-ce qui compte le plus ?
- Ben, comme vous, m’sieur : le bonheur de Lisa…
- Donc on est sur la même longueur d’onde ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je t’ai proposé de venir à la pêche avec moi…
- C’est vrai ?
- Bien sûr, qu’est-ce que tu crois ? Normalement j’emmène jamais personne à la pêche. J’aime bien être seul, ça me permet de me vider la tête, me nettoyer l’esprit de toutes les saloperies de la vie quotidienne. Alors si je propose à quelqu’un de venir avec moi, c’est vraiment que j’ai des affinités avec cette personne… Tu vois ce que je veux dire ?
- Euh… oui, je crois…
- En clair, ça veut dire que j’aime bien cette personne, et que j’ai envie de partager avec elle un moment privilégié…
- C’est très gentil à vous, je…
- Tu quoi ?
- Ben, je ne savais pas que vous aviez autant d’estime pour moi…
- Oui, je sais… C’est que, tu vois, la vie n’a pas toujours été facile pour moi… alors forcément, j’ai toujours eu un peu de mal pour exprimer mes sentiments…
- Oui, je comprends…
- Je sais, c’est con, mais ça a toujours été plus facile pour moi de taper sur quelqu’un à coups de marteau que de le prendre dans mes bras pour le réconforter… Tu sais mon père me cognait et ma mère faisait le tapin… C’est la vérité, je dis pas ça pour faire chialer dans les chaumières ! il restait toute la sainte journée à picoler devant la télé pendant qu’elle allait faire des passes pour payer le loyer ! Je suis né par accident, et mon père me rappelait tous les soirs à coups de ceinturon que j’étais une erreur… Chienne de vie, mon petit Lionel, chienne de vie ! Alors j’en sais rien, mais c’est peut-être pour ça que j’ai toujours voulu le meilleur pour ma fille. J’aurais préféré me faire couper la main plutôt que de la lever sur sa mère ou sur elle ! Mais je t’emmerde avec mes histoires, pas vrai ?
- Non, pas du tout…
- T’es un brave garçon, mon petit Lionel…
- Ben… je fais ce que je peux l’être, en tout cas…
- Tu sais quoi ?
- Non, quoi ?
- Je vais te dire un truc que j’ai jamais dit à personne…
- Vous croyez ?
- Oui, je sais que je peux te faire confiance… C’est au sujet de mon père…
- Un secret de famille, en quelque sorte…
- Te marre pas, Lionel, c’est sérieux !
- Excusez-moi, m’sieur…
- Je te l’ai dit, mon père était vraiment un enfoiré ! Un jour je l’ai retrouvé dans le garage, en rentrant de l’école… Il avait salement dérouillé : fracture du crâne, contusions multiples, du sang partout ! Ça n’aurait pas été pire si une division de panzers lui était passée sur le corps ! Les flics ont fait une vague enquête, l’affaire a été classée… On n’allait pas sortir le grand jeu pour un cafard écrasé ! Eh ben tu sais quoi ?
- Non, je sais pas, m’sieur…
- C’est moi qui l’ai tué, mon petit Lionel, de mes propres mains ! J’avais tout juste 11 ans et je l’ai massacré à coups de marteau ! Et tu sais pourquoi j’ai fait ça ?
- Parce qu’il vous maltraitait, votre mère et vous…
- Oui, et aussi parce qu’il m’obligeait à faire des trucs tellement dégueulasses que je préfère même pas t’en parler ! Ce porc abusait de moi, si tu veux tout savoir, et c’est pour ça que je l’ai tué ! Tu penses que j’ai eu tort ?
- C’est pas à moi de juger, m’sieur Cotton… D’ailleurs je vois pas pourquoi vous me racontez tout ça…
- Tu voudrais quand même pas que je cache des choses à mon futur gendre…
- Non, bien sûr…
- Si je t’en parle c’est que j’ai confiance en toi, mon petit Lionel…






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