Je n’avais jamais fait l’amour avec des jumelles et ça risquait fort d’être assez inoubliable. Tous les hommes rêvent de faire ça avec plusieurs filles en même temps, de s’abandonner entre les mains expertes d’un essaim de créatures voraces. Nager dans un océan de bouches, de seins, de chattes, tel un enfant émerveillé au milieu d’une montagne de jouets. Avec des jumelles, clones parfaits d’une même poupée de chair, la chose prend un tour plus singulier. Vous avez l’impression de voir double, l’ivresse vous gagne. En plus, la notion de duplicata fait directement référence à la reproduction de l’espèce. Dame Nature, cette salope, pousse les gens à baiser pour qu’ils n’aillent surtout pas oublier de se reproduire, ces cons ! Elle a fait de nous, les hommes, des obsédés prêts à vider leur chargeur sur tout ce qui bouge, des malades qui trimbalent dans leur slip une bombe équipée d’un dispositif de mise à feu ultra-sensible. Les femmes se pointent en tortillant du cul et mènent la danse, se donnent et se reprennent au gré de leurs ovaires et leurs hormones, leurs humeurs. Pendant ce temps, nous, les pauvres types, les dindons de la farce, on tourne en bourrique, on se paluche jusqu’au sang mais rien n’y fait. Dès qu’une cible pointe le bout de ses nichons on se transforme automatiquement en prédateur assoiffé de sexe, en vampire de l’amour, prêt à toutes les saloperies pour assouvir ses fantasmes. Ces fantasmes, la Nature les fabrique pour nous tenir plus fermement par les couilles, nous réduire en esclavage, nous attacher par la bite au radiateur du désir. Le plaisir sexuel est une drogue qui œuvre pour la même cause. Les types deviennent cinglés, errent dans la nuit comme des zombites avec des têtes de gland. Ils plongent dans le premier trou qui se présente, rêvent de se perdre à jamais dans un puits sans fond. Le sexe est un fantasme, l’amour un plan foireux goupillé par le plus Grand Escroc de l’Univers. Personne ne l’a jamais vu, nul ne connaît son visage. Cet enfoiré reste caché pour entretenir le mystère et ça marche du feu de Dieu ! Tout le monde parle de lui, le cuisine à toutes les sauces, mais lui ne se mouille pas. Tranquillement installé dans son fauteuil de cuir blanc, il mate le cirque terrestre sur ses écrans de contrôle, se marre en nous voyant crever la bouche ouverte les uns après les autres, la tête farcie d’espoir débile et d’idées à la con. Il est le Plus Grand Salopard de l’univers et il s’est offert un jouet à la mesure de son cerveau diabolique, une belle petite planète bleue qu’il fait tourner et sauter dans sa main comme une agate de cour de récréation. Et le jour où il en aura sa claque de voir nos têtes de nœud, il donnera un bon coup de pied dans la fourmilière et s’en ira faire chier le monde dans une autre galaxie. Il n’a qu’un mot à dire, un coup de téléphone à donner, et s’en est fini de nos misérables petites vies. Sa Rolls blanche l’attend déjà dans le parc de son château intersidéral en marbre rose, et son chauffeur n’est autre que le Diable en personne. Plus qu’un chauffeur, d’ailleurs. Un homme de confiance, un bras droit qui n’hésite pas à faire le sale boulot et sait fermer sa gueule. Vu l’énormité de son salaire, il endosse volontiers les oripeaux de l’horreur et la désolation. Si ça peut rendre service. Il joue dans la cour des grands et s’en tamponne de ne pas être en odeur de sainteté. Il chie du caviar, se torche le cul avec du saumon fumé et baise avec la Mort dans un lit à baldaquin en or massif. La Mort, la Grande Putain du Ciel ! On dit « la » Mort comme on dit « la » Callas ou « la » Tebaldi ! La Mort, la grande diva du crime qui tranche les têtes à coups de faux et les plante sur des piques pour en faire des bouquets... Cette bonne vieille Mort…
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Date de création : 07/01/08 / Dernière mise à jour : 20/06/08 16:46 / 32 articles publiés


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